Good Trip
août 13th, 2009 § Laisser un commentaire
Lundi soir suis allé voir les Wooden Shjips en concert au West Germany. C’était la première fois que je mettais les pieds dans cet endroit, l’un des trois fiefs nocturnes (avec le Paloma et le Monarch) situés sur la Skalitzerstraße, à proximité immédiate de la station de U-Bahn Kottbusser Tor. Malgré les plaintes récurrentes des riverains et les initiatives subséquentes prises par les autorités, cette station demeure une plaque tournante du trafic de drogues et draine une faune plutôt bigarrée… Avec son carrelage sale, ses plafonds éventrés et ses portes graffitées, le West Germany – que rien ne signale de l’extérieur – se fond très bien dans ce décor typique du Berlin alternatif. Quand j’arrive, à 22h tapantes, les hostilités n’ont pas été déclenchées et le public est encore clairsemé. J’en profite pour faire un rapide tour du propriétaire. Assez petite et basse de plafond, la pièce qui sert de salle de concert me semble pouvoir facilement se transformer en étuve – un pressentiment que je ne vais pas tarder à vérifier, à mon corps dégoulinant…
Vers 22h30, tandis que le West Germany est désormais bien rempli, les Wooden Shjips montent sur scène et passent à l’attaque. Passé un petit tour de chauffe de deux ou trois morceaux, le groupe tourne à plein régime, grâ
ce en particulier à son batteur qui mouline avec une infatigable ardeur. Cette redoutable dynamique rythmique constitue l’arme fatale du quatuor, manifestement déterminé à abattre sans sommation tout obstacle l’empêchant d’atteindre, ou au moins d’approcher, l’état de transe. Force est d’admettre que leurs tentatives s’avèrent grandement persuasives. Evoquant le rapprochement fulminant entre Can et le Crazy Horse de Neil Young, la musique s’appuie sur un socle classique pour mieux tendre vers l’horizon psychédélique, les Wooden Shjips n’étant pas originaires de San Francisco pour rien. Aussi pétaradants que lancinants, leurs morceaux, parfaitement amplifiés par d’impeccables projections vidéo, travaillent au corps tout en stimulant le cerveau comme il faut. Au final, une heure de pure catharsis électrique.
Dos, le deuxième album du groupe, vient de sortir sur le label Holy Mountain.